Le mardi 11 décembre 2018, un homme armé a ouvert le feu au marché de Noël de Strasbourg, tuant quatre personnes et en blessant 12 autres. Après une fusillade avec les forces de sécurité françaises, l'assaillant, blessé au bras par un tir, s'est enfui dans un taxi réquisitionné. Après une chasse à l'homme de 48 heures, un homme armé correspondant à la description du suspect a été abattu par la police dans une rue du quartier Neudorf à Strasbourg.(Sources : BBC News, BBC News, Washington Post).

Les médias français ont identifié l'agresseur comme étant un ancien détenu de 29 ans du nom de Cherif Chekkatt. Le suspect, qui aurait crié "Allah Akbar" pendant l'attaque, aurait été radicalisé en prison. Daesh a publié une déclaration via son agence de presse Amaq affirmant que Chekkkatt était un "soldat de l'Etat islamique" et que l'attaque répondait à des "appels à cibler les citoyens des pays de la coalition". (Sources : New York Times, Washington Post, BBC News).

La France a connu une série d'attaques terroristes meurtrières au cours des dernières années, dont l'attentat de mars 2018 à Carcassonne, celle durant les célébrations du 14 juillet 2016 à Nice, les attaques de novembre 2015 à Paris et les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et du supermarché casher. Depuis 2015, plus de 240 personnes ont été tuées en France par des personnes revendiquant leur allégeance ou leur inspiration auprès de l'Etat islamique, incitant la France à adopter diverses mesures antiterroristes préventives et réactives. Parmi les efforts de la France, le gouvernement a mis en place et prolongé à plusieurs reprises un état d'urgence national, renforcé sa législation antiterroriste, procédé à une série d'arrestations, approuvé la création d'une garde nationale et lancé des centres de déradicalisation dans tout le pays.

Vue d'ensemble

La première grande attaque terroriste sur le sol français de ces dernières années a eu lieu le 7 janvier 2015, lorsque des assaillants opérant pour la branche yéménite d'Al-Qaïda ont pris d'assaut les bureaux du magazine satirique français Charlie Hebdo, tuant 12 personnes. Dans les jours qui ont suivi, un associé des hommes armés a tué cinq personnes au nom de l’Etat islamique : une policière et quatre personnes dans un supermarché casher à Paris. (Sources : BBC News, CNN)

Les attaques de Charlie Hebdo étaient les plus meurtrières sur le sol français depuis plus de 50 ans, mais elles ont été surpassées quelques mois plus tard. Le 13 novembre 2015, huit kamikazes armés de l'Etat islamique ont pris pour cible divers lieux de Paris et ses environs (cafés, restaurants, stade national et salle de concert), tuant 130 personnes et en blessant 350 autres – l'attaque la plus meurtrière sur le sol français depuis la seconde guerre mondiale. (Sources : Washington Post, New York Times)

Depuis lors, l'Etat islamique a continué d'inspirer la terreur chez les résidents français. Le 14 juillet 2016, un résident niçois d’origine tunisienne a lancé un camion dans une foule célébrant le 14 juillet à Nice, sur la promenade en bord de mer, faisant 86 morts et plus de 430 blessés. L'attaque est intervenue entre deux autres attaques revendiquées par l'Etat islamique : le 13 juin, un terroriste, déjà condamné, a poignardé deux policiers à leur domicile à Magnanville et le 26 juillet, deux assaillants de l'Etat islamique ont tué un prêtre âgé en Normandie. (Sources : GardienReuters, New York Times, NBC News)

Ces attaques et autres tentatives, dont celle de femmes djihadistes en septembre 2016 tentant d’exploser des bombonnes de gaz près de la cathédrale Notre-Dame, ont mis en lumière la lourde pression sur l’infrastructure antiterroriste en France. La France est la plus grande source de combattants occidentaux en Irak et en Syrie, avec environ 2.000 Français ayant voyagé dans la zone de conflit en mai 2016. Le pays souffre également d'un grave problème de radicalisation dans ses prisons, où l’on estime à 1.400 le nombre de détenus considérés comme radicalisés. (Sources : Voix d'AmériqueAtlantic, France24)

Ces attaques ont également incité la France à faire systématiquement face à la menace de l'extrémisme violent. En janvier 2015, le gouvernement a lancé sa campagne « Stop-Djihadisme », qui comprend des ressources en ligne pour aider les citoyens français à identifier et signaler des terroristes présumés, ainsi que pour éduquer les citoyens français sur l’ampleur du danger et ce qu'il faut faire en cas d’attaque terroriste. Afin de faire face à la menace de la radicalisation des prisons, le gouvernement a lancé une expérience visant à mettre en quarantaine les principaux terroristes présumés parmi le reste de la population carcérale. Le gouvernement a annoncé la fin de cette courte expérimentation à la fin du mois d’octobre 2016, après l’apparition de préoccupations sur le fait que le programme renforcerait la radicalisation parmi les suspects extrémistes, plutôt que de la contenir. (Sources : Washington Post, Al Arabiya,Voix d'Amérique, Wall Street Journal)

En septembre 2016, le gouvernement a ouvert le premier des 12 centres de déradicalisation prévus, dans une petite ville à l'ouest de Paris. Ce programme de déradicalisation, contrairement à l'expérimentation en prison, vise à réhabiliter les individus qui pourraient être sur la voie de la radicalisation. Ce programme a tout de même connu quelques revers. En janvier 2017, l'un des participants au programme a été arrêté après qu'il eut été découvert qu'il avait déjà tenté de se rendre en Syrie, soulignant ainsi les limites de sécurité et de contrôle du programme. Dans le cadre de ses efforts pour lutter contre le terrorisme au niveau national et international, la France a entre-temps approuvé une législation pour créer une garde nationale, qui devrait compter jusqu'à 85 000 personnes d'ici 2018. Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a fait du contre-terrorisme son objectif principal en termes de politique étrangère. (Sources : Le Monde, Gouvernement.fr, Reuters)

Radicalisation et combattants étrangers

Recrutement et Radicalisation en France

Les djihadistes français recrutent en ligne et en personne. En novembre 2014, l'Etat islamique a publié une vidéo de recrutement destinée aux musulmans français, appelant les djihadistes à perpétrer des attaques en France s'ils ne pouvaient pas se rendre sur le territoire contrôlé par l'Etat islamique. Le groupe a également lancé un magazine en langue française, Dar al Islam. Des jeunes filles, résidentes dans le sud de la France, ont quitté le pays pour rejoindre l'Etat islamique. Beaucoup ont été radicalisées et recrutées en ligne via des vidéos de propagande ciblant les adolescentes. À la fin de 2016, la France a découvert et arrêté une cellule entièrement composée de femmes appartenant à l'Etat islamique qui avait tenté de perpétrer un attentat à la voiture piégée près de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Selon le chef de la cellule, les femmes avaient à l'origine cherché à attaquer la tour Eiffel. (Sources : CNN, Jerusalem Post, Daily Mail, CNN, Daily Mail)

Outre la radicalisation et l'incitation en ligne, la radicalisation islamiste se produit souvent dans les prisons, dans lesquelles les musulmans représentent un pourcentage disproportionné de la population carcérale et où l'on estime que 1 400 personnes seraient radicalisées. Il existe un certain nombre de djihadistes français notoires qui se seraient radicalisés dans les prisons françaises, notamment :

  • L’agresseur de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi, et le tireur de supermarchés casher, Amédy Coulibaly. Les deux assaillants ont passé un temps significatif en prison avant de commettre les attaques du mois de janvier 2015. Les deux hommes se seraient rencontrés en prison entre 2005 et 2006. 
  • Mehdi Nemmouche, qui a attaqué le musée juif de Bruxelles en mai 2014. Nemmouche a passé cinq ans dans une prison française pour vol qualifié et « était connu pour avoir évolué dans les milieux islamistes radicaux ».
  • Le tireur de Toulouse, Mohammed Merah. Merah s'est également livré à des délits mineurs de vol et de conduite de véhicules, qui l’ont mené en prison. C'est dans les prisons françaises que Merah a commencé à lire le Coran et, selon certains rapports, aurait été radicalisé.

(Sources : Daily Mail, CNN, Taipei Times, Economist, Reuters, Washington Post, Al Arabiya, New York Times, Guardian, BBC News, New York Times)

Combattants étrangers

La France est le pays d'Europe comptant le plus grand nombre de jihadistes partis à l'étranger. Selon les autorités françaises, on estime qu'à ce jour 2 000 ressortissants français ont rejoint Daesh et d'autres groupes jihadistes syriens. (Sources : Soufan Group, Atlantic)

La France a longtemps été le théâtre d'attentats terroristes meurtriers perpétrés par des combattants terroristes étrangers de retour au pays. Le Français Mehdi Nemmouche a rejoint les rangs de l'Etat islamique à l'étranger avant de retourner en Europe et de commettre son attentat au Musée juif de Bruxelles en mai 2014. L'agresseur de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi et son frère Said se seraient tous deux rendus au Yémen pour s'entraîner avec l'AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), mouvance terroriste affiliée à Al-Qaïda. Plusieurs suspects liés aux attentats de Paris de novembre 2015 - dont Abdelhamid Abaaoud, Bilal Hadfi et Foued Mohamed-Aggad - auraient également passé du temps en Syrie avec l'Etat islamique avant de revenir pour perpétrer des attaques terroristes. (Sources : Le Figaro, L’Express, Telegraph, Reuters)

En 2016, la France a vu moins d'extrémistes tenter de quitter le pays pour rejoindre l'Etat islamique et d'autres groupes terroristes à l'étranger. Cependant, cette tendance a suscité des inquiétudes quant au fait que les individus radicalisés de France choisissent de plus en plus souvent de rester en Europe pour commettre des attaques internes, conformément aux diverses recommandations de l'Etat islamique. En effet, la France a été le théâtre de plusieurs attentats et tentatives d'attentats terroristes de grande envergure qui n'ont pas impliqué des combattants étrangers de retour au pays. Il s'agit notamment de l'attentat meurtrier de juillet 2016 à Nice - qui a fait 86 morts et plus de 430 blessés - ainsi que de divers meurtres moins préparés, visant à plusieurs reprises la police et les représentants religieux. (Source : Département d'État américain)

Principales attaques extrémistes et terroristes

Juillet 2016 Attentat de Nice

Le 14 juillet 2016, vers 22h45, un Tunisien de 31 ans résidant en France, a foncé dans la foule à bord d'un camion alors que les riverains s'étaient réunis sur la Promenade des Anglais de Nice pour les festivités du 14 juillet, tuant 86 personnes et en blessant plus de 430 autres. Parmi les morts se trouvaient 10 enfants, ainsi que des citoyens étrangers, dont deux Allemands, deux Américains, deux Tunisiens et un Russe. (Sources : Guardian, New York Times)

L'assaillant armé, identifié comme étant le tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a parcouru deux kilomètres au milieu de la foule sur la promenade du front de mer de Nice à bord d'un camion frigorifique de 19 tonnes qu'il avait loué. Selon les témoins de la scène, ce dernier aurait effectué des zig-zags afin d'heurter le plus de personnes possible. Après un échange de tirs avec des policiers à l'extérieur de l'hôtel Hyatt de Nice, le suspect a été neutralisé dans le siège passager du véhicule. On a découvert que Lahouaiej-Bouhlel portait un faux pistolet automatique, deux faux fusils d'assaut et une grenade non fonctionnelle, ainsi qu'un téléphone portable et des papiers d'identité. (Sources : New York Times, Guardian)

Lahouaiej-Bouhlel ne faisait pas l'objet d'une fiche S des renseignements, mais était connu de la justice française "pour divers faits de violences commis entre 2010 et 2016", selon le procureur français François Molins. En janvier 2016, Lahouaiej-Bouhlel a été condamné à six mois de prison pour avoir agressé un chauffeur. (Sources : Guardian, Wall Street Journal)

Le 16 juillet, l’État islamique a revendiqué l'attentat. L'agence de presse Amaq liée à l'EI a qualifié Lahouaiej-Bouhlel de " soldat " de l'Etat islamique et a déclaré qu'il avait " exécuté l'opération en réponse aux appels lancés pour cibler des citoyens des pays de la coalition qui combattaient l’État islamique ". En réponse à l'attentat, l'Assemblée nationale française a approuvé une prolongation supplémentaire de six mois de l'état d'urgence national, qui avait été décrété après les attentats de Paris de novembre 2015. (Sources: Wall Street Journal, New York Times, BBC News)

Attentats de Paris en novembre 2015

Le 13 novembre 2015, des assaillants armés ont procédé à une série de fusillades coordonnées et d'attentats-suicides à la bombe dans tout Paris. Ces attentats ont coûté la vie à 130 personnes et en ont blessé plus de 350 autres. La première attaque a eu lieu près du Stade de France lors d'un match de football en présence du président français de l'époque, François Hollande. Un homme portant un faux passeport syrien portant le nom "Ahmad al-Mohammad" a fait exploser une ceinture explosive après avoir été empêché d'entrer dans le stade par des agents de sécurité. Peu après, deux autres attentats suicides ont eu lieu près du stade. Bilal Hadfi aurait commis l'un des attentats, mais l'identité de l'autre kamikaze reste inconnue. A peu près à la même époque, des assaillants armés de fusils d'assaut ont ouvert le feu sur des restaurants du centre de Paris : Le Carillon, Le Petit Cambodge, La Belle Équipe, Café Bonne Bière et La Casa Nostra. Chakib Akrouh et Salah Abdeslam étaient soupçonnés d'être parmi les tireurs. Un homme identifié plus tard sur les images de vidéosurveillance comme étant Brahim Abdesalam a commis un attentat-suicide à la bombe au restaurant Comptoir Voltaire. Tout près, trois assaillants portant des gilets explosifs et armés de fusils et de grenades ont attaqué la salle de concert Bataclan. Après un face-à-face avec la police qui a duré plus de deux heures, deux des agresseurs ont fait exploser leurs gilets explosifs. Le gilet du troisième agresseur a été activé lors d'une fusillade avec la police. Les trois agresseurs ont été identifiés comme étant Ismael Omar Mostefai, Foued Mohamed-Aggad et Samy Amimour. (Sources : New York Times, Encyclopaedia Britannica, New York Times, Wall Street Journal, BBC News, USA Today, ResearchGate, BBC News, CNN)

L’État islamique a revendiqué les attentats, les qualifiant de "premiers d'une tempête". Des témoins ont rapporté qu'un agresseur a crié "Allah Akbar" dans le Bataclan. L'un des agresseurs aurait dit aux prisonniers : "C'est la faute de Hollande, il n'aurait pas dû intervenir en Syrie." Les enquêtes sur les attentats de Paris de novembre 2015 ont révélé qu'un certain nombre de suspects avaient opéré avec l'EI en Syrie, notamment les assaillants Mostefai, Amimour et Hadfi, ainsi qu'Abdelhamid Abaaoud, né en Belgique et soupçonné d'avoir planifié les attentats. Les médias ont laissé entendre que des membres clés de l'EI, Abu Suleyman al-Firansi et Oussama Atar, ont peut-être aussi joué un rôle dans la coordination des attaques. (Sources : New York Times, New York Times, BBC News, New York Times, Associated Press, ProPublica)

En réponse à la revendication de l’État islamique, l'ancien président français François Hollande a intensifié les frappes aériennes contre des cibles de l'EI en Syrie. François Hollande a qualifié ces attaques d' "acte de guerre" et a déclaré un état d'urgence national de trois mois, le premier depuis 2005. Après les attentats terroristes, la France et la Belgique ont mené une série de raids et de mesures de répression contre des cellules soupçonnées d'être djihadistes, en s'emparant d'armes et en intensifiant la surveillance dans la banlieue de Molenbeek, à Bruxelles, un foyer de radicalisation présumé. (Sources : New York Times, Al Jazeera, Guardian, BBC News, Washington Post, Telegraph)

Le 18 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud a été tué lors d'une opération de police à Saint-Denis. Un autre suspect lié aux attentats - Salah Abdeslam - qui était resté en liberté pendant des mois a été capturé par la police belge lors d'une autre opération en mars 2016. Abdeslam a été extradé vers la France peu après et a été condamné par un tribunal belge à 20 ans de réclusion le 23 avril 2018. Il se trouve actuellement dans une prison de haute sécurité à Paris dans l'attente d'un procès séparé en France qui devrait avoir lieu en 2019. (Sources : Guardian, CNN, New York Times, La Dépêche, La Dépêche, Pulse)

L'ensemble coordonné d'attaques, bien qu'horribles, n'est pas sans précédent. Pendant des années avant l'assaut de novembre, la France a souffert des attaques violentes des extrémistes islamiques ainsi que des groupes terroristes nationalistes et des groupes d'extrême droite. En janvier 2015, la France a subi la pire attaque sur son sol en 50 ans, lorsque des hommes armés ont attaqué les bureaux du magazine satirique français Charlie Hebdo et tué plusieurs personnes dans un supermarché casher.  (Source : Le Figaro)

Les attaques de Charlie Hebdo

Le 7 janvier 2015, deux hommes armés, les frères Chérif Kouachi et Said Kouachi, ont fait irruption dans les locaux du magazine satirique français Charlie Hebdo, se disant associés à l'AQPA, selon des témoignages. Des témoins rapportent que les assaillants ont crié "Allah Akbar" (Dieu est grand) et annoncé : "Nous avons vengé le prophète Mahomet." Les agresseurs se sont introduits de force dans le bâtiment de Charlie Hebdo et ont tué douze personnes, dont le rédacteur en chef du magazine, Stéphane Charbonnier, des caricaturistes du magazine, des employés et deux officiers de police. (Sources : Guardian, International Business Times, CNN, BBC News, BBC News, CNN, France24, Reuters, New York Times)

Les frères Kouachi étaient impliqués depuis longtemps dans des activités criminelles et terroristes. Avant l'attaque de Charlie Hebdo, Chérif avait été arrêté à plusieurs reprises pour des motifs liés au jihadisme. En 2005, il a été arrêté alors qu'il tentait de se rendre en Syrie pour combattre les forces américaines en Irak. En 2008, il a été arrêté, inculpé et condamné pour son implication dans un réseau djihadiste parisien. En 2010, il a été arrêté et accusé d'avoir comploté pour aider un ancien membre du Groupe islamique armé (GIA) Smain Ait Ali Belkacem à s'évader de prison. En 2011, le frère et complice de Chérif, Said Kouachi, se serait rendu au Yémen pour rejoindre l'AQPA. C'est alors qu'il aurait rencontré le célèbre religieux de l'AQPA Anwar al-Awlaki. (Sources : Guardian, International Business Times, CNN, BBC News, BBC News, CNN, France24, Reuters, New York Times)

Après l'attaque de Charlie Hebdo, les assaillants Chérif et Said Kouachi ont fui les lieux et se sont rendus à Dammartin-en-Goele, où ils ont assiégé une imprimerie et pris deux otages le 9 janvier. L'un s'est échappé et l'autre a été libéré lorsque les forces armées françaises ont pris d'assaut le complexe, tuant les frères Kouachi. (Sources : Guardian, International Business Times, CNN, BBC News, BBC News, CNN, France24, Reuters, New York Times)

Prise d'otages dans un supermarché casher

La fusillade de Charlie Hebdo a été suivie de deux actes de violence connexes à Paris les 8 et 9 janvier 2015. Le 8 janvier, un policier français a été abattu. Le 9 janvier, un homme armé a attaqué un supermarché casher et a pris plusieurs otages. Les deux actes ont été commis par l'agresseur extrémiste Amédy Coulibaly, qui a prêté allégeance à I'Etat islamique dans une vidéo qui est sortie après les tirs. Dans la vidéo, Coulibaly a admis avoir des liens avec les attaquants de Charlie Hebdo et a également revendiqué la responsabilité d'avoir posé une voiture piégée dans la capitale. La police a établi un lien entre Coulibaly et une fusillade qui a gravement blessé un jogger le 7 janvier. (Sources : Daily Mail, Guardian, CNN, L’Obs, Guardian, Guardian)

Coulibaly était connu pour des antécédents de vol à main armée et de trafic de drogue remontant à 2001. Il s'était converti à l'Islam et se serait radicalisé en prison, où il aurait rencontré Chérif Kouachi, entre 2005 et 2006, après s'être converti à l'Islam. Kouachi et Coulibaly avaient le même mentor : Le prisonnier islamiste Djamel Beghal, un terroriste reconnu coupable d'avoir comploté pour faire exploser l'ambassade des États-Unis à Paris. Comme Kouachi, Coulibaly a été arrêté en 2010 pour avoir comploté pour faire évader de prison Smain Ait Ali Belkacem, ancien membre du GIA. (Sources : Daily Mail, Guardian, CNN, L’Obs, Guardian, Guardian)

Le 9 janvier, les forces armées françaises ont tenté une mission de sauvetage, prenant d'assaut le supermarché casher et tuant Amédy Coulibaly. Hayat Boumedienne, la compagne de Coulibaly, est la deuxième suspecte dans l'attaque du supermarché casher. Boumedienne se serait enfuie en Syrie. (Sources : Daily Mail, Guardian, CNN, L’Obs, Guardian, Guardian)

Histoire des groupes terroristes islamistes en France

De 1994 à 1996, la France a été victime d'une série d'attaques du Groupe islamique armé (GIA) basé en Algérie. En décembre 1994, le GIA a détourné un avion français en Algérie, prétendument dans l'intention de percuter la Tour Eiffel ou de le faire sauter au-dessus de Paris. En 1995 et 1996, le GIA a mené une série d'attentats à la bombe en France qui ont fait au total 16 morts et plus de 300 blessés. Ces bombardements ont principalement visé les infrastructures de transport français, notamment le métro parisien et le réseau ferroviaire, et une voiture piégée a explosé près d'une école juive, faisant 14 blessés. (Sources : New York Times, Le Figaro, New York Times)

Les attaques de loups solitaires

La France a été victime d'une série d'attaques de loups solitaires ces dernières années. Les attaques comprennent :

  • Novembre 2011 : Les bureaux de Charlie Hebdo sont incendiés, mais personne n'est blessé.
  • Mars 2012 : Pendant 11 jours, Mohammed Merah, né en France, se lance dans une fusillade à Montauban et à Toulouse, dans le sud de la France, faisant sept morts et cinq blessés.
  • Mai 2013 : Un converti à l'islam poignarde le soldat français Cédric Cordiez.
  • Mai 2014 : Le djihadiste d'origine française Mehdi Nemmouche tue quatre personnes au Musée juif à Bruxelles.
  • Janvier 2015 : Le 7 janvier, Cherif et Said Kouachi lancent une attaque meurtrière contre les bureaux du magazine satirique français Charlie Hebdo, tuant 12 personnes au nom d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Dans les jours qui suivent l'attentat, le tireur Amedy Coulibaly tue une policière avant de prendre et de tuer des otages dans un supermarché casher au nom de l’État islamique.
  • Juin 2015 : Le 26 juin, un homme, soupçonné d'être Yassine Salhi, entre dans un site gazier américain dans le sud-est de la France. Il décapite son patron, et recouvre sa tête de la Shahada, la profession de foi islamique : "Un seul Dieu et Mahomet est son Prophète". Un drapeau portant des inscriptions islamistes a été retrouvé sur le lieu de l'attaque.
  • Août 2015 : Le 21 août, un homme, soupçonné d'être Ayoub El Khazzani, monte à bord d'un train Thalys en provenance d'Amsterdam, armé d'un fusil d'assaut Kalachnikov, d'un pistolet, de munitions et d'un cutter. Deux militaires américains et deux Européens observent le suspect se préparant à attaquer et interviennent, l'empêchant d'infliger ce qui, selon le président français de l'époque, François Hollande, aurait pu être "un véritable carnage". El Kahzani a été maintenu sur une liste de surveillance internationale et se serait rendu en Syrie en 2014. (Sources : Telegraph, New York Times)
  • Janvier 2016 : Le 11 janvier, un adolescent turco-kurde attaque un enseignant juif avec une machette à Marseille, prétendument au nom de l’État islamique.
  • Juin 2016 : Le 13 juin, le terroriste condamné Larossi Abballa poignarde un couple de policiers dans leur maison de Magnanville dans une attaque revendiquée par l’État islamique. Abballa tient en otage le fils de trois ans du couple et retransmet en direct le meurtre de ses parents sur Facebook avant que la police ne prenne d'assaut la maison et sauve l'enfant. (Source : NBC News)
  • 14 juillet 2016 : Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, conduit un camion poids lourd sur la promenade des Anglais à Nice sur près de deux kilomètres, prenant pour cible une foule de civils, à l'issue du feu d'artifice donné pour la fête nationale. Il est finalement neutralisé par la police lors d'un affrontement. L'attentat est revendiqué le 16 juillet par l'organisation terroriste État islamique (Sources : Guardian, Wall Street Journal, Wall Street Journal)
  • 26 juillet 2016 : Deux Français de 19 ans, Abdel-Malik Nabil Petitjean et Adel Kermiche, de nationalité française, attaquent l'église paroissiale de Saint-Etienne en Normandie, tuant un prêtre âgé au couteau et prenant cinq personnes en otage avant d'être tués par la police. L'agence de presse Amaq affirme que les adolescents ont prêté allégeance au dirigeant de l’État islamique Abu Bakr al-Baghdadi avant de perpétrer l'attaque. (Sources : Reuters, New York Times, NBC News, Reuters)
  • 3 février 2017 : Un homme armé d'une machette crie "Allahu Akbar" et se jette sur la police et les soldats devant le Louvre à Paris. Un soldat français tire sur l'agresseur présumé, le blessant gravement. Personne n'est tué. (Sources : Reuters, Independent)
  • 20 avril 2017 : Un homme armé, surnommé par les procureurs Karim Cheurfi, ouvre le feu sur des policiers dans la rue des Champs-Élysées à Paris, tuant un policier et en blessant gravement deux autres avant d'être abattu. L’État islamique revendique la responsabilité de l'attaque, affirmant qu'elle a été menée par l'un de ses soldats. (Sources : France24, CNN, TIME, Independent, Telegraph)
  • 19 juin 2017 : Un assaillant armé percute une voiture de police dans la rue des Champs-Élysées à Paris, se blesse gravement mais ne fait aucune victime. (Sources : Telegraph, The Local)

(Sources : BBC News, Telegraph, Le Figaro, Guardian, Daily Mail, Telegraph, Guardian, Reuters, New York Times, New York Times, BBC News, New York Times, New York Times)

L'antisémitisme

La France a connu une recrudescence d'attaques contre des Juifs et des sites juifs, dont la prise d'otages du 9 janvier 2015 du supermarché casher à Paris qui a tué quatre Juifs. Plusieurs victimes d'attaques terroristes isolées étaient juives, dont quatre des sept victimes de la fusillade de mars 2012 dans le sud de la France. De plus en plus, les entreprises et sites juifs sont la cible d'attaques extrémistes. Outre le Musée juif de Bruxelles, des synagogues et des commerces juifs en France ont été incendiés, assiégés et vandalisés, en particulier à l'été 2014, lorsque les manifestations en soutien aux habitants de Gaza et contre Israël ont dégénéré. Les Juifs émigrent de plus en plus de la France en raison de la violence antisémite. En mai 2014, un sondage a révélé que 74 % des Juifs français avaient envisagé l'émigration. (Sources : France 24, Anti-Defamation League, Tablet)

Le 18 novembre 2015, à la suite des attentats du 13 novembre à Paris, un instituteur juif aurait été poignardé par trois assaillants à Marseille. Selon les rapports, les agresseurs se sont déclarés partisans de l’État islamique et ont proféré des propos antisémites. Le 19 août 2016, un Juif de 62 ans a été poignardé dans ce qui semblait être une attaque islamiste. (Sources : BFMTV, Le Monde, Telegraph)

Attaques extrémistes islamiques à l'étranger

Des ressortissants français ont été victimes d'attentats islamistes à l'étranger. En 1983, le Hezbollah a pris pour cible les casernes américaines et françaises, tuant 58 militaires français et 241 Américains. En 2002, des expatriés français ont été victimes de l'attentat à la bombe d'un bus d'un entrepreneur naval français à Karachi et de l'attaque d'un superpétrolier du Limbourg au large d'Aden. Ces dernières années, des civils et des militaires français ont été enlevés et assassinés en Afghanistan, en Algérie, au Mali, en Mauritanie, au Maroc, au Nigeria, en Arabie saoudite, en Somalie et au Yémen. (Sources : New York Times, France Diplomatie)

Incidents nationalistes et extrémistes en France

Dans le passé, la France a été attaquée à la fois par des groupes d'extrême droite comme l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS) dans les années 1950 et 1960, et par des groupes d'extrême gauche comme Action Directe dans les années 1980. Les séparatistes, principalement des ultra-nationalistes basques ou corses, ont également perpétré des attentats terroristes contre la France. (Sources : Encyclopedia Britannica, Le Figaro)

 

 

Contre-terrorisme intérieur

La France est devenue la plus importante source de combattants étrangers en Irak et en Syrie parmi tous les pays de l'UE, avec 2 000 ressortissants français ayant rejoint les groupes djihadistes syriens à partir de mai 2016. Le gouvernement estime que 9 000 autres personnes radicalisées vivent actuellement en France. (Sources : Atlantic, Soufan Group)

Face à la menace extrémiste qui pèse sur la France et à la suite des attentats de l'EI de janvier 2015 et de novembre 2015, la France a revu et renforcé son action globale de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme en apportant des changements radicaux à plusieurs de ses moyens et programmes.

Efforts législatifs

La France juge un large éventail de crimes comme des infractions liées au terrorisme, dans un réseau de tribunaux sans jury. Depuis 1986, la France a intensifié ses efforts de lutte contre le terrorisme par des moyens légaux, en adoptant plus d'une douzaine de projets de loi pour améliorer son infrastructure antiterroriste. En novembre 2014, le Parlement français a adopté son propre "Patriot Act ", qui autorise l'interdiction de voyager des terroristes présumés, criminalise les tentatives de quitter la France pour commettre " des activités terroristes, des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité " à l'étranger et autorise le gouvernement à bloquer les sites Web qui " glorifient le terrorisme ". (Source : Gouvernement Francais, Stop-Djihadisme)

Depuis les attentats de janvier 2015, des éléments du Patriot Act français sont appliqués. La France a suspendu les passeports de six djihadistes potentiels le 23 février 2015. Le premier cas d'un site djihadiste censuré par le gouvernement a également été signalé le 16 mars 2015. En mars 2015, cinq sites Internet ont été censurés par le gouvernement français. Depuis lors, la France a continué de censurer les sites Internet qui "font l'apologie du terrorisme". Le ministère de l'Intérieur a utilisé les réseaux sociaux à la fois pour faire connaître ses efforts de lutte contre le Djihad en ligne et pour demander au public de l'aider à signaler les sites Web suspects. (Source : Gouvernement Francais, Stop-Djihadisme)

À la suite des attentats de Paris en novembre 2015, le Président français de l'époque, François Hollande, a demandé l'adoption rapide d'une nouvelle loi qui permettrait à la police de mener des descentes sans mandat et de placer les individus sous assignation à résidence. Le Président a également réclamé des amendements à la Constitution française qui permettraient à l'État de prendre des mesures de sécurité exceptionnelles en cas de besoin. En outre, il a fait appel aux tribunaux français pour obtenir des pouvoirs de surveillance plus étendus et le droit de retirer la citoyenneté aux terroristes français condamnés ayant la double nationalité. Le président Hollande a également demandé et obtenu l'autorisation de prolonger l'état d'urgence de la France pour une période de trois mois, qui a de nouveau été prolongé en décembre 2016, et à plusieurs reprises depuis. En prolongeant l'état d'urgence, le Sénat français a également voté l'amendement de la loi française de 1955 sur l'"état d'urgence" pour :

  • Pouvoir étendre le régime d'assignation à résidence à toute personne soupçonnée de constituer une menace pour la sécurité et l'ordre public ;
  • Utiliser des bracelets électroniques dans les cas de détention à domicile où la personne arrêtée a déjà été condamnée pour des actes de terrorisme ;
  • Démanteler les groupes qui ont commis, facilité ou incité à commettre des actes qui constituent une atteinte grave à l'ordre public ; et
  • Permettre au ministère français de l'Intérieur de prendre "toutes les mesures" pour bloquer les sites Internet qui font l'apologie du terrorisme ou qui y incitent.

Les modifications comprenaient également des garanties supplémentaires pour les libertés civiles, notamment :

  • Suppression d'un article de la loi qui permettait au gouvernement de contrôler la presse et la radio pendant un état d'urgence national ; et
  • Renforcement des peines en cas de violation de la loi sur les perquisitions et les assignations à résidence.

Le 26 mai 2016, le Sénat français a approuvé une loi accordant aux autorités policières et judiciaires françaises plus de pouvoirs pour lutter contre le terrorisme, y compris l'extension à quatre heures du pouvoir des policiers de détenir des personnes soupçonnées de terrorisme sans avoir accès à un avocat, et autorisant les policiers à placer en résidence surveillée les combattants étrangers présumés qui rentrent au pays pendant un mois au maximum. La police française est désormais autorisée à porter une arme à feu, même en dehors des heures de service. Dans les aéroports, la police peut également fouiller les passagers suspects et leurs bagages à volonté. (Sources : New York Times, Independent)

La loi accorde également des capacités de surveillance supplémentaires à la police, aux procureurs et aux autorités pénitentiaires. Selon la loi, la police et les procureurs sont désormais autorisés à utiliser des technologies d'écoute électronique qui n'étaient auparavant accessibles qu'aux services de renseignement français. Les autorités pénitentiaires sont également autorisées à recourir à d'autres mesures de surveillance, notamment l'écoute des téléphones portables des détenus, l'utilisation de caméras cachées et l'examen de leurs communications électroniques. (Sources : Le Monde, VICE News, Daily Mail, Le Monde, New York Times, Gouvernement.fr, New York Times, Département d'État américain)

En octobre 2017, le Parlement français a voté en faveur d'un nouveau projet de loi antiterroriste qui transférerait en droit permanent certaines mesures de sécurité d'urgence qui ne sont autorisées qu'en cas d'état d'urgence. Ces mesures comprennent le fait de permettre à la police de faire des descentes à domicile sans mandat et d'établir des points de contrôle à volonté. La loi prévoit également la création d'un nouveau groupe de travail antiterroriste partiellement calqué sur le Joint Terrorism Task Force des États-Unis. Le nouveau groupe de travail devrait coordonner les services de renseignement nationaux et étrangers. La nouvelle loi antiterroriste est entrée en vigueur le 1er novembre 2017. La France a dans le même temps levé l'état d'urgence de deux ans qui était en place depuis les attentats de Paris de novembre 2015. (Sources : New York Times, Al Jazeera, Politico, NPR)

Stop-Djihadisme

La France a lancé sa campagne " Stop-Djihadisme " fin janvier 2015, dans le but de contrer la menace de l'extrémisme islamique dans la société française. Comme l'indique le site Web de la campagne, géré par le gouvernement, la France a mis en place des mesures de lutte contre le djihadisme dans ses systèmes éducatif et pénitentiaire, alloué des ressources supplémentaires à ses agences antiterroristes et appliqué la loi antiterroriste du pays de novembre 2014. La France a également annoncé son intention d'investir 45 millions de dollars dans la création de programmes de déradicalisation dans tout le pays. (Sources : Stop-Djihadisme, Voice of America)

La campagne française Stop-Djihadisme vise à donner aux citoyens français les moyens de repérer et de prévenir la radicalisation. Le site Web du gouvernement qui fait la promotion de cette campagne contient un certain nombre de ressources et d'infographiques destinées à aider les citoyens à repérer et à prévenir le jihad. À la lumière de ce programme, le gouvernement a commencé à apporter des changements aux secteurs suivants de la société française :

L'éducation : Le ministère français de l'Éducation nationale a présenté 11 mesures visant à prévenir la radicalisation et à promouvoir les valeurs laïques et républicaines dans le système scolaire français.

Prison : Le gouvernement français a annoncé de nombreuses mesures pour faire face aux réseaux djihadistes et à la crise de radicalisation dans son système carcéral. Plus particulièrement, le gouvernement s'est lancé dans une expérience de courte durée pour séparer les détenus soupçonnés d'extrémisme du reste de la population carcérale.

Législation et application de la loi : La France a commencé à appliquer sa loi antiterroriste de novembre 2014. Comme l'autorise la nouvelle loi, la France a commencé à retirer les passeports des djihadistes présumés et à censurer les sites Web qui font la promotion de l'idéologie djihadiste. Le pays a promis d'allouer davantage de ressources et d'emplois à son appareil de contre-espionnage afin de mieux surveiller la menace djihadiste. Immédiatement après les attentats de janvier 2015, la France a procédé à des dizaines d'arrestations de djihadistes présumés. Le 17 mars 2015, le ministre français de l'Intérieur a annoncé que le gouvernement avait réduit les allocations sociales de 290 citoyens français qui ont quitté le pays pour rejoindre des groupes djihadistes en Irak et en Syrie. (Source : Gouvernement.fr)

Infrastructures antiterroristes et application de la loi

Le Groupe d'Intervention de la Gendarmie Nationale (GIGN), créé en 1973, mène des opérations de lutte antiterroriste et de sauvetage d'otages en France et à l'étranger. La France a réussi à déjouer un certain nombre de tentatives d'attentats terroristes sur son sol, notamment des complots visant la Tour Eiffel. En réponse aux attaques de Charlie Hebdo et aux prises d'otages, les forces du GIGN ont mené une contre-attaque. Le 9 janvier 2015, les forces armées françaises ont tué les assaillants présumés dans les deux attentats et libéré leurs otages respectifs. Suite aux attentats de janvier 2015, la France a annoncé son intention d'affecter des ressources supplémentaires à son infrastructure de contre-espionnage. La France a également mobilisé des troupes et déployé plus de 10 000 agents de sécurité pour protéger 830 " sites sensibles ", dont des synagogues, des aéroports, des gares et de grandes attractions touristiques. Près de la moitié des agents de sécurité ont été envoyés pour protéger les écoles juives. (Sources : GIGN, Daily Telegraph, Le Figaro, Stop-Djihadisme, Le Figaro, Washington Post)

Depuis les attentats de 2015, la France a mené un certain nombre de raids qui ont permis au gouvernement de contrecarrer les réseaux terroristes existants, de poursuivre les suspects et de prévenir de nouveaux attentats. La police et les forces antiterroristes de Paris ont arrêté plus de 400 personnes soupçonnées de terrorisme - et prétendent avoir déjoué 17 complots terroristes - en 2016 seulement. En novembre 2016, le gouvernement a prétendu avoir empêché une importante attaque dirigée par l'EI lorsque la police a mené une série de raids à Marseille et à Strasbourg. Le gouvernement prétend également avoir déjoué les attaques contre Euro Disney, les Champs-Elysées et la cathédrale Notre-Dame, entre autres cibles. (Sources : Independent, International Business Times, New York Times, Washington Post, France24)

Recrutement et radicalisation

Suite aux attentats de janvier 2015, le ministère de l'Éducation nationale a adopté une série de mesures pour contrer la radicalisation et promouvoir les valeurs laïques dans les écoles françaises. En septembre 2016, le gouvernement a également ouvert le premier des 12 centres de déradicalisation prévus dans tout le pays. Ce lancement s'inscrit dans le cadre d'un plan de 45,5 millions de dollars annoncé par l'ancien premier ministre Manuel Valls en mai 2016 pour faire face au danger posé par la radicalisation de la population française. Selon Manuel Valls, ces centres hébergeraient - et chercheraient à réhabiliter - des individus qui "se sont repentis et dont nous testerons la sincérité et la volonté de réintégration dans la société sur le long terme". Ces centres sont également prévus pour héberger et réhabiliter les personnes qu'un juge français estime à risque de radicalisation, et sont gérés par le Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation du pays. (Sources : Congressional Research Service, Stop-Djihadisme, education.gouv.fr, Associated Press, Atlantic)

Outre la lutte contre l'extrémisme dans le système scolaire français, la France lutte de plus en plus contre l'extrémisme islamique dans ses prisons. Les musulmans représentent un pourcentage disproportionné de la population carcérale en France. En 2008, on estimait qu'en France, 60 à 70 % de la population carcérale était musulmane, alors qu'on estimait que les musulmans ne représentaient que 12 % de la population. Un rapport d'octobre 2014 a révélé que 60 % de la population carcérale française est d'"origine ou de culture musulmane". En 2016, près de 1 400 détenus étaient soupçonnés d'avoir été radicalisés, dont plus de 300 ont été incarcérés pour terrorisme. (Sources : Washington Post, Al Arabiya, Voice of America)

Après les attentats de janvier 2015, la France a commencé à réorganiser son système pénitentiaire afin d'isoler les détenus extrémistes du reste de la population carcérale. Le programme, basé sur une expérience menée en 2014 dans la prison française de Fresnes, consistait à regrouper les détenus radicalisés dans des unités isolées des autres détenus. La France a annoncé qu'elle mettrait fin au programme après que l'on eut craint que cet effort n'aide à approfondir les réseaux de radicalisation dans les prisons. (Sources : Washington Post, Al Arabiya, Wall Street Journal, Gouvernement)

Malgré les efforts déployés, la radicalisation des prisons demeure une préoccupation majeure en France. En 2016, des armes artisanales ont été découvertes dans la cellule d'un détenu soupçonné d'avoir été radicalisé. Dans la prison française de Fleury-Merogis, 10 islamistes ont été retirés du système carcéral par crainte d'un soulèvement. En septembre 2016, deux gardiens ont été poignardés par un détenu qui a ensuite dessiné un cœur sur le mur avec le sang de la victime avant de commencer à prier. (Sources : Reuters, Voice of America)

Plusieurs mosquées françaises ont également été soupçonnées de radicalisation. En 2013, le ministre français de l'Intérieur a annoncé la reconduite à la frontière d'une poignée d'imams radicaux qui auraient incité leurs fidèles à commettre des actes de violence contre la France. Pour lutter contre le recrutement de terroristes en ligne, le projet de loi français " Patriot Act " autorise son gouvernement à surveiller et à bloquer les forums et les sites Web qui " glorifient le terrorisme ". (Sources : France24, VICE News)

Combattants étrangers

Le Patriot Act français institue une interdiction de voyager pour empêcher les potentiels terroristes de quitter le pays pour combattre à l'étranger. La loi sanctionne également le gouvernement pour surveiller et bloquer les sites Web djihadistes, ce qui devrait permettre de lutter contre la capacité des recruteurs à faciliter les déplacements des ressortissants français en Irak et en Syrie.

En mars 2015, le ministre français de l'Intérieur a annoncé que le gouvernement avait réduit les prestations sociales pour 290 citoyens français qui avaient quitté le pays pour combattre avec des groupes djihadistes en Irak et en Syrie.

(Sources : VICE News, France24)

Liste des entités désignées notables

Le GIA, l'AQPA et l'Etat islamique figurent sur la liste des groupes terroristes désignés par la France. (Source : La Direction Générale du Trésor)

Extrémisme et financement du terrorisme

Bien que la France prétende ne pas payer de rançon, les otages ont crédité le gouvernement français pour avoir financé leur libération. En juillet 2014, le New York Times a rapporté que les ressortissants français représentaient un tiers des 53 otages pris par Al-Qaïda au cours des cinq dernières années. À l'automne 2013, 40 millions de dollars auraient été versés pour libérer quatre ressortissants français détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). De 2010-2011, 17,7 millions de dollars auraient été versés pour libérer trois otages détenus par l'AQMI, dont un ressortissant français. En 2011, 10 millions de dollars auraient été versés pour libérer trois ressortissants français détenus par l'AQPA, sans que la source du paiement ait été déterminée. Selon le Times, la France délivre généralement des rançons par le biais d'intermédiaires comme la société française Areva, un géant nucléaire contrôlé par l'État. L'entreprise a nié avoir versé des rançons au nom du gouvernement français. (Source : New York Times)

L'AQPA est financé principalement par des vols qualifiés et des prises d'otages. A la télévision française, l'attaquant de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi, a affirmé que ses opérations étaient financées par Anwar al-Awlaki, chef spirituel de l'AQPA. (Sources : Département d'État des États-Unis, Newsweek)

Outre les groupes extrémistes basés à l'étranger, la France est aux prises avec la croissance d'organisations et d'associations islamistes radicales sur son sol. Les liens étroits du gouvernement avec le Qatar, qui est accusé de financer des organisations islamistes radicales à l'étranger, ont suscité des critiques croissantes de la part de la droite française.

D'après les enquêtes du CEP et les sondages de 2014, 30 % des personnes interrogées en France estiment que le gouvernement ne dépense pas suffisamment pour combattre l'extrémisme. (Source : Projet de lutte contre l'extrémisme)

Au lendemain des attentats de Paris de janvier 2015, le gouvernement français s'est engagé à consacrer plus d'argent et de ressources à la lutte contre le terrorisme. (Source : Stop-Djihadisme)

Contre-extrémisme international

La France a été le premier pays à rejoindre la coalition internationale de lutte contre L'Etat islamique. Le 13 janvier 2015, le Parlement français a voté à la quasi-unanimité (488 contre 1) la poursuite des frappes aériennes anti-EI en Irak. Depuis les attentats de janvier 2015, la France a également déployé son seul avion pour la lutte contre l'EI et porté à plus de 3 500 le nombre de ses militaires déployés. Au lendemain des attentats de l'EI du 13 novembre, la France a étendu ses frappes aériennes à la Syrie, ciblant la prétendue capitale de l’État islamique à Raqqa. Selon le département d'État américain, la France participe "pleinement" aux opérations antiterroristes et a assuré la formation des forces de sécurité en Irak. (Sources : Associated Press, Daily Mail, Wall Street Journal, Département d'État des États-Unis).

Outre sa participation à des engagements militaires étrangers destinés à lutter contre le terrorisme à l'étranger, la France a également joué un rôle de premier plan dans la mise en œuvre d'initiatives à l'échelle de l'UE visant à réduire la menace d'activités terroristes transnationales. Parmi ces initiatives, la France a plaidé avec succès en faveur d'une législation exigeant l'utilisation des données des dossiers passagers (données PNR) pour les voyageurs entre les pays de l'UE et d'une législation exigeant un contrôle plus strict du trafic d'armes. (Source : Département d'État des États-Unis)

Engagements militaires étrangers

En mars 2016, la France avait envoyé plus de 5 000 militaires pour des opérations dans le monde entier. De ce nombre, 3 500 militaires ont été envoyés dans la région du Sahel en Afrique pour l'Opération Barkhane, une opération antiterroriste dont le quartier général se trouve au Tchad et qui a été lancée en juillet 2014. Environ 900 militaires sont engagés dans la lutte contre le terrorisme en République centrafricaine. La France a également envoyé 350 militaires dans le golfe de Guinée, tandis que 1 000 militaires français sont engagés en Irak et 900 au Liban. Lorsque les forces de la coalition ont évacué l'Afghanistan, 150 militaires français étaient parmi eux. Moins de 500 militaires ont été déployés dans l'océan Indien. (Sources : Le Ministère de la Défense, U.S. Department of State)

(Source : Le Ministère de la Défense)

Les forces françaises en Afrique

Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a perpétré des attentats en Algérie, en Libye, au Mali et au Niger. Les forces françaises ont répondu aux extrémistes islamistes au Mali avec l'Opération Serval, qui a débuté les frappes aériennes en janvier 2013. L'opération a duré jusqu'en juillet 2014, date à laquelle elle a été remplacée par une opération plus vaste en Afrique du Nord appelée Opération Barkhane. La force est composée d'environ 3 000 soldats français travaillant aux côtés de soldats du Mali, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Tchad. L'objectif principal de la mission est la lutte contre le terrorisme, selon le ministre français de la Défense. L'Opération Barkhane, basée à N'Djamena, la capitale tchadienne, a l'autorité de franchir les frontières en ciblant l'extrémisme islamique au Mali, au Tchad et au Niger. Barkhane créera également des bases militaires régionales dans le nord du Mali, au Burkina Faso et au Niger. Six avions de combat, 20 hélicoptères et trois drones accompagnent les soldats français. Après l'attentat de Bamako en novembre 2015, le président François Hollande s'est engagé à apporter au Mali le "soutien nécessaire" supplémentaire.

L'intervention récente de la France en République centrafricaine (RCA) a pris la forme d'opérations de maintien de la paix sous l'égide des Nations unies. En mars 2013, la coalition rebelle Seleka a renversé le gouvernement centrafricain et, dans les mois qui ont suivi, a commis "de graves violations des droits humains contre les civils, notamment des pillages, des exécutions sommaires, des viols et des tortures". Le groupe à prédominance musulmane a ensuite fait face à des représailles de la part des milices chrétiennes "anti-balaka". En réponse, l'opération Sangaris dirigée par la France a été lancée en décembre 2013, en vertu de la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations unies. En décembre 2014, la France a commencé à retirer ses troupes alors que la force de maintien de la paix de l'ONU atteignait son apogée, tout en conservant une force de réaction rapide dans son ancienne colonie. (Sources : BBC News, National Interest, Reuters, Reuters, Human Rights Watch, Associated Press)

Les forces françaises en Afghanistan

La France est impliquée dans la guerre en Afghanistan depuis 2001. Elle a participé à des opérations par l'intermédiaire de l'OTAN et dans le cadre de forces de coalition dirigées par les États-Unis. La France a participé à l'Opération Pamir aux côtés de la Force internationale d'assistance à la sécurité, à l'Opération Héraclès pour les composantes navale et aérienne, à l'Opération Epidote pour former l'armée afghane et à l'Opération Arès d'août 2003 à janvier 2007 pour des opérations spéciales au sein de l'opération Enduring Freedom. Après qu'un soldat afghan ait tué quatre soldats français en 2012, Nicolas Sarkozy, alors président de la France, a menacé de suspendre les opérations françaises. Son successeur, François Hollande, a retiré 2 000 des 3 400 soldats français en Afghanistan en juin 2012. La France a fait état de 150 militaires en Afghanistan avant le retrait complet. (Sources : New York Times, Reuters, Le Ministère de la Défense)

Les forces françaises contre l'Etat islamique

Le 19 septembre 2014, la France est devenue le premier pays à se joindre aux États-Unis dans les frappes aériennes contre l'EI. Le pays a déployé des milliers de militaires pour l'Opération Chammal et a réaffirmé son engagement à lutter contre l'EI à la suite des attaques de janvier 2015. Au lendemain des attentats meurtriers du 13 novembre 2015, la France a mené une série de frappes aériennes contre des cibles de l'EI dans le bastion du groupe terroriste de Raqqa, en Syrie. (Sources : Guardian, Le Ministère de la Défense)

L'opinion publique

La France prend au sérieux les menaces de l'extrémisme et du terrorisme. Un sondage Pew du printemps 2017 a montré que 88 % des Français interrogés estiment que l’État islamique représente une menace majeure pour le pays. Ce chiffre n'était en baisse que de trois points de pourcentage par rapport à l'année précédente, où 91 % des répondants avaient qualifié ISIS de menace majeure pour le pays. (Sources : Pew Research Center)

Les données des sondages du Counter Extremism Project (CEP) de 2014 ont montré que l'opinion publique française, par rapport à l'opinion publique américaines et d'autres pays européens, considère depuis longtemps l'extrémisme islamiste comme l'une des plus grandes menaces pour le pays. Immédiatement après l'attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, le pourcentage de citoyens français estimant que la menace terroriste était "élevée ou très élevée" était de 93 %. Un an plus tard, 95 % des répondants estimaient que la menace du terrorisme était élevée. Ces chiffres sont similaires à ceux des sondages de 2015 et 2016, qui indiquaient qu'au moins 85 % des Français estimaient que la menace du terrorisme était élevée. (Sources : Le Journal du Dimanche, Le Journal du Dimanche, Reuters)

Les résultats de l'enquête et des sondages du CEP de 2014 ont montré que 30 % des personnes interrogées en France estiment que le gouvernement ne dépense pas suffisamment pour combattre l'extrémisme. Répondant à la question sur les politiques qu'ils considéraient les plus efficaces pour traiter avec les pays qui autorisent l'extrémisme, les répondants français ont répondu comme suit :

  • Imposer des sanctions économiques sévères contre ce pays, 28 %
  • S'engager dans une diplomatie agressive avec le pays pour résoudre le problème, 16 %
  • Agir militairement dans le pays pour éradiquer les extrémistes islamiques, 14 %
  • Fournir une aide économique directe au gouvernement pour stabiliser leurs économies, 6 %
  • Soutenir l'opposition ou les forces modérées avec de l'argent et d'autres outils, 7 %
  • Ignorez-les, 10%.
  • Soutenir les forces d'opposition ou les forces modérées avec des armes, 7 %

La majorité des Français interrogés dans un sondage de 2014 sont favorables à l'imposition de sanctions économiques sévères contre un pays qui autorise l'extrémisme. Enfin, par rapport à d'autres pays européens, la plupart des Français interrogés (52 %) estiment que la lutte contre l'extrémisme islamiste devrait être une priorité absolue. (Source : Counter Extremism Project)